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François Verrière, délégué départemental du Rassemblement national, assure que son parti ne fera pas l’impasse des municipales.

  • On l’a vu par le passé : un RN bien placé aux européennes puis quasi invisible aux municipales. Rebelote en 2020 ?

Historiquement, les Pyrénées-Atlantiques ne nous sont pas favorables. Mais avoir des élus municipaux est important pour l’implantation locale. On a déjà eu une belle progression aux européennes. J’espère qu’elle se confirmera en 2020. De nos listes, des noms vont émerger. Il faut qu’on puisse identifier des personnes sur le territoire.

  • En mai, vous nous aviez déjà annoncé qu’il y aurait une liste RN aux municipales à Pau. Qui émerge donc pour la mener ?

Nous sommes en train de choisir. Pour l’heure, un profil se dégage, mais rien n’est encore acté. Une certitude, ce ne sera pas moi. Travaillant à la Ville de Pau, je ne peux me présenter mais j’aurai une fonction dans la campagne ici, comme dans le département. Pau étant la préfecture, nous devons avoir une liste candidate ici. D’autres projets se montent aussi sur la côte basque. Mais ce ne sera pas possible à Orthez, Salies ou Oloron.

  • L’étiquette RN est-elle encore taboue à porter au grand jour ?

On est dans une période où on se retrouve à nouveau rediabolisé. Notamment dans les médias nationaux. Nous appeler parti d’extrême-droite, c’est insulter nos électeurs. L’extrême-droite, elle est anti-parlementariste et anti-démocratique. Nous, nous sommes le seul parti à demander la proportionnelle intégrale qui est l’essence même de la démocratie. On ne peut pas être lié à des valeurs qui ne nous correspondent pas. Le RN, c’est un rassemblement des patriotes, des amoureux de la France. Même le terme de droite aujourd’hui, ou la gauche, ça ne veut plus rien dire. Est-ce difficile de s’assumer ? Non, pas quand on a des convictions.

  • Si le RN a tant de mal aux municipales, est-ce que cela ne veut pas dire que les électeurs ne croient pas que votre parti peut être en responsabilité ?

En France, le Rassemblement national est à la tête d’une quinzaine de communes. Toutes ont été scrutées à la loupe. Et de tout ce qui y a été fait, il n’y a que du positif à sortir. Il y a une gestion très saine à tous les points de vue. Ces localités sont la preuve que nous sommes capables de tenir les manettes.

  • Est-ce que le paysage politique français ne se résume-t-il pas aujourd’hui à un duel RN/LREM ?

C’est un clivage instauré par Emmanuel Macron. Désormais, il y a les nationaux, ceux qui aiment leur pays. Et la République en marche qui ne participe pas à la défense de notre souveraineté. Ils sont pieds et poings liés avec la Commission européenne. Les prochaines élections seront très intéressantes car elles permettront un éclaircissement encore plus grand du paysage politique après l’effondrement des LR et du PS.

  • Les mauvaises passes de Salvini en Italie ou des brexiteurs anglais, c’est un coup dur pour votre parti, non ?

C’est un coup dur pour la démocratie. Avec des opérations des états majors de partis qui trahissent le peuple, la volonté populaire. Certains se tiraient dessus à boulets rouges et maintenant s’allient pour évincer Salvini. Les prochaines élections en Italie seront révélatrices. Car l’idée d’état nation est bien en train de revenir dans l’esprit de beaucoup en Europe. Les promesses faites à la création de l’Union européenne ne tiennent pas. On ne peut plus mentir aux peuples sans arrêt quand on promet la baisse du chômage, la sécurité, et qu’au final on n’a rien Qu’on n’a plus de protection nationale. Exemple avec les 255 000 titres de séjour (l’équivalent de la population de Bordeaux) attribués par la France en 2018 : cela a un impact sur tous les pans de notre société, une question migratoire qui n’est toujours pas réglée.

  • L’avenir du RN, ce sera la ligne Marine Le Pen ou la ligne Marion Maréchal ?

Le rassemblement des patriotes, c’est le RN et c’est la ligne, celle de Marine Le Pen, qui est la plus appréciée. Comment le prouver davantage qu’avec les récents résultats des élections. Marion Maréchal ne revient pas dans le jeu. Elle n’a plus de fonction politique : elle s’occupe de son école, lance des idées mais tout ça, c’est de la méta-politique. Nous, on est dans le concret, avec un socle électoral fidèle.

  • Si le RN était aujourd’hui un titre de film, ce serait « Un fauteuil pour deux », « Peur sur la ville » ou « The Patriot » ?

Je ne suis pas cinéphile… À défaut, dans l’esprit, « The Patriot ».

Son été en trois questions

– Comment vous-êtes vous ressourcé pendant les vacances ? : « Rien de programmé, je fais partie des Français qui n’ont pas trop les moyens de partir en vacances. J’ai pris une dizaine de jours et je les ai plutôt consacrés à la préparation de la rentrée ».
– Votre coup de colère de l’été ? : « Le G7 à Biarritz. Un endroit très mal choisi. Économiquement, il y a eu de grosses pertes pour les commerçants. Un G7 qui fut aussi un coup médiatique du président pour sa rentrée politique. Et on aura retenu que les 7 pays les plus riches ont donné 20 millions pour l’Amazonie, alors que le sommet lui-même en a coûté plus de 36… »
– Votre coup de chapeau de l’été ? : « L’action du collectif des poussins rebelles, créé à Pau en mai, et qui se bat contre le placement abusif des enfants. Avec l’élue régionale Claudie Cheyroux, nous avons été très touchés par les témoignages de ces familles ».

 

Article paru dans la république des Pyrénées du 09/09/2019 : https://www.larepubliquedespyrenees.fr/2019/09/08/francois-verriere-rn-j-espere-que-notre-progression-va-se-confirmer,2599077.php

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